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« La notion de “contrat de confiance” peut inspirer d’autres avancées pour l’École » par Gérard Lauton

2 décembre 2022

Ce Colloque annuel du MCLCM se situe à un moment-clef que traduit son intitulé : « 20 années d’engagement contre la constante macabre, pour une École inclusive … Et maintenant ? ». Nous avons mis en relief l’impact positif d’une évaluation plus juste – justesse et justice – sur un regain de motivation pour l’étude et de réussite, et sur la qualité de la relation pédagogique entre apprenants et enseignants. Cela peut offrir des points d’appui pour aller plus loin, avec le fil rouge d’une confiance partagée. Nous souhaitons explorer comment ce pacte autour d’un contrat de confiance peut être un tremplin pour une École plus performante et plus harmonieuse, où l’apprenant peut se situer comme acteur de sa formation.

André Antibi a mis en lumière le phénomène de la Constante macabre, cette figure imposée qui subordonne la crédibilité d’un enseignant à une physionomie ‘’pas trop bonne’’ des résultats de ses apprenants (!!), en France et dans d’autres pays qui partagent ce travers. Pour mettre en évidence cette inepte tradition et inviter à s’en affranchir, il a usé de son charisme, de son audace, de son empathie envers les membres et partenaires de la communauté éducative, pour leur faire partager un protocole – l’EPCC – visant une évaluation plus juste du travail et des acquis des élèves et des étudiants. En témoignent notamment :

  • les milliers d’articles de la presse française et internationale qui ont relayé cette exigence (cf. 2003 – 2008),
  • le soutien en actes de quasiment tous les ministres de l’Éducation nationale depuis les années 2000 ; avec depuis quelques années la signature conjointe d’une Convention DGESCO – MCLCM codifiant les termes d’une “Action à pilotage national” de nos équipes de terrain dans les académies,
  • le soutien du Ministère de l’Enseignement supérieur (pour mémoire, sa Directrice générale Simone Bonnafous (DGESIP) avait ouvert notre Colloque il y a quelques années à l’École Mines – ParisTech),
  • les quelque 60 organisations qui au fil des ans se sont associées à l’Appel contre la Constante macabre : associations et syndicats de personnels de l’Enseignement Public et de l’Enseignement Privé ; mouvements de jeunesse ; mouvements pédagogiques et éducatifs ; institutions et organismes d’intérêt général … Auxquelles il convient d’ajouter les universités, villes et collectivités ayant apporté au MCLCM leur soutien logistique pour l’organisation de ses évènements. Et même la Conférence des Grandes Écoles…

Bouleversés par le décès subit de notre président historique André Antibi, survenu le 20 mai 2022, nous lui sommes redevables de la mobilisation extraordinaire qu’il a su impulser avec celles et ceux qu’il a appelés à s’y impliquer.

Loin de se cantonner à l’évaluation vue comme un acte en soi, le MCLCM a voulu prolonger l’idée du contrat de
confiance en mettant sur la table des problématiques essentielles relevant des apprentissages : sous quels angles introduire une nouvelle notion, sans être décalé par rapport aux repères culturels et aux goûts des apprenants … ? Comment les aider à ‘’donner du sens’’ à cette nouvelle notion, sans les entraîner dans une ‘’forêt vierge’’ de digressions plus propres à les égarer qu’à les éclairer ? Que déduire des enquêtes internationales à la lumière de nos programmes et méthodes, en portant le regard sur les contenus à enseigner?

Comment prendre en compte la question des connaissances et compétences, sachant que ces dernières figurent en toutes lettres dans les Programmes scolaires et universitaires ? Comment caractériser les capacités de chaque élève ou étudiant, non par ‘’la moyenne générale’’ peu significative de l’éventail de ce qu’il sait faire, mais plutôt par un ‘’profil’’ qualitatif bien plus descriptif de ses capacités ? Comment valoriser des parcours inversés pratique puis théorie ?

Autant de questionnements qui restent à prolonger. Non pas dans un entre-soi, mais plutôt en élargissant le cercle de celles et ceux qui sont intéressés par cette notion de contrat de confiance, et qui aspirent à renouveler les façons d’enseigner. Comment agir pour que les jeunes et les adultes en reprise d’études vivent mieux leur parcours de formation, et soient formés de façon moins passive et plus créative ?

Le maillage interacadémique du MCLCM sait lancer des initiatives de sensibilisation, des sessions de formation, des projets de recherche-action, en y impliquant d’autres cercles et une diversité de partenaires associatifs, territoriaux, institutionnels (CARDIE, …) autour de thèmes conçus pour innover dans la ‘’forme scolaire’’.

Alors sachons prolonger, de concert avec d’autres, cette belle aventure initiée il y a vingt ans par André Antibi.

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