Menu Fermer

« Un soutien d’une importance capitale » par André Antibi

29 mars 2009

Le Ministère de l’Éducation Nationale vient de soutenir officiellement le mouvement Contre La Constante Macabre (MCLCM) par une Lettre du 24 mars 2009, en accordant à notre association une subvention destinée à « lui permettre la poursuite et le développement de ses actions ».

Un tel soutien, qui s’ajoute à tous les soutiens institutionnels dont nous bénéficions déjà (Ins teurs d’académie de l’Enseignement Public, personnalités, associations et syndicats de renom, Directeurs Diocésains, conférences en ligne sur le site de l’ESEN, …) est particulièrement important et utile. En effet, nous pouvons y déceler deux interprétations très encourageantes :

 – une reconnaissance au plus haut niveau de l’existence de la constante macabre* ; il s’agit d’un très grave dysfonctionnement du système éducatif français, un véritable phénomène de société dont sont victimes les élèves mais aussi les enseignants : ces derniers, sous la pression de la société, se sentent inconsciemment obligés de mettre pratiquement toujours un certain pourcentage de mauvaises notes, même dans les classes de bon niveau, pour ne pas passer pour des enseignants laxistes et peu sérieux.

– un intérêt pour la démarche de proposition d’autres systèmes d’évaluation des élèves afin d’aider les professeurs à se « débarrasser » de cette déplorable tradition, par exemple le système d’Evaluation Par Contrat de Confiance (EPCC), déjà mis en pratique avec succès partout en France par des milliers d’enseignants de tous niveaux.**

 Au nom du Conseil d’Administration du MCLCM, je tiens à remercier vivement Monsieur le Ministre Xavier Darcos pour cette décision qui, je l’espère, marquera un tournant dans le domaine décisif de l’évaluation, et contribuera ainsi à lutter efficacement contre l’échec scolaire artificiel et injuste de très nombreux élèves qui en souffrent, ainsi que leurs parents.

 Je ne peux terminer cet éditorial sans remercier chaleureusement tous ceux qui ont permis à notre combat d’en arriver à ce stade : associations et syndicats signataires de l’appel contre la constante macabre, journalistes, préfaciers de mes livres avec un hommage tout particulier au Ministre Hubert Curien, Madame la Sénatrice Françoise Férat et les éditions Nathan pour l’organisation du colloque du Sénat, et bien-sûr les innombrables acteurs de terrain (professeurs, personnels de direction, parents d’élèves, …) qui ont apporté un précieux soutien lors des réunions de travail sur ce thème, et qui ont encouragé la mise en pratique du système EPCC.

*  Ce dysfonctionnement est reconnu par les enseignants eux-mêmes : sur 3020 enseignants interrogés après une de mes conférences sur ce thème, à laquelle ils étaient tenus d’assister, 1% seulement ont déclaré que la constante macabre n’existait pas.

** “Le système EPCC repose sur la constatation suivante : pour motiver les élèves et les faire travailler en confiance, on peut leur communiquer une liste de questions à réviser, déjà corrigées en classe et portant sur des compétences fondamentales du programme officiel ; ils devront alors, pour une grande partie de l’épreuve du contrôle, traiter certaines de ces questions ; étant entendu que pendant toute la phase de l’apprentissage, qui représente environ les onze douzièmes du temps scolaire, il convient de proposer aux élèves des activités nouvelles, sources d’obstacles éventuels à surmonter, indispensables à tout apprentissage”.

Hide picture