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Témoignages de personnalités

Daniel Amedro , Ancien Inspecteur d’Académie

« La première conséquence de l’EPCC, c’est que les élèves peuvent avoir des notes qui correspondent à leur travail. L’EPCC est un système qui va dans le sens de la justice, et qui, par ailleurs, incite les élèves à réviser, à travailler.
Cela favorise la construction d’un meilleur rapport au savoir, et d’une meilleure image de soi.
J’ai pu constater une différence sensible par rapport à la situation antérieure. Les enseignants me le disaient : les élèves ont un vécu de l’école beaucoup plus positif, une image de soi plus positive.
Cette image de soi est un levier pour avancer.
L’EPCC contribue à résorber l’échec scolaire dans le système éducatif. Les discours sur l’échec scolaire doivent conduire à une réforme de l’évaluation, de la notation.
Parler de l’échec scolaire sans parler d’évaluation, c’est comme si on voulait remplir un puits sans fond. »

Recteur Jean-Michel Blanquer, ancien Directeur de la DGESCO

Vaincre l’inhibition de l’action
«La question de l’inhibition de l’action a toujours été pour moi un sujet de réflexion majeur et je suis convaincu qu’une partie des réponses aux difficultés de notre pays se trouve dans notre capacité à transmettre à nos enfants le goût de créer, d’entreprendre, de s’engager. Or force est de constater que notre École n’est pas particulièrement performante dans ce domaine et que notre système d’évaluation n’est pas le meilleur pour encourager ce type d’attitudes. Les travaux d’André Antibi et du mouvement de lutte contre la constante macabre procèdent donc d’une intuition très pertinente et touchent à mon sens à un point nodal des difficultés de notre système éducatif.
Il est clair que notre système de notation a partie liée avec cette inhibition de l’action. Il ne faut pas pour autant rejeter toute idée de notation, surtout tant qu’aucune alternative crédible n’aura été installée. Il faut donc trouver, et je rejoins André Antibi aussi sur ce point, un système de notation qui crée la confiance…
Le rayonnement du travail d’André Antibi et du MCLCM me paraît aller dans la bonne direction, celle de la prise de conscience de plus en plus ample d’une éducation qui élève l’enfant à son plus haut niveau par les vertus de la confiance. »

Guy Brousseau, Didacticien, Médaille Félix Klein de l’ICMI

Pourquoi il faut soutenir Antibi ?
« J’ai écrit dans ma préface du second ouvrage d’André Antibi, « Pour en finir avec la constante macabre », pourquoi je pense qu’il faut soutenir sa courageuse campagne en faveur de conceptions et de méthodes d’enseignement des mathématiques dénuées des coercitions inappropriées et débarrassées des préjugés stupides et des poncifs qui les accompagnent.
Le temps a pétrifié les croyances et les pratiques des professeurs en des « évidences » indiscutables. Dans son premier ouvrage, André Antibi les a soumises à une exploration et à une critique sans concession qu’il a accompagnées de dessins sarcastiques. J’étais d’accord avec ses observations et avec la détermination de son mouvement.
Si certaines recherches permettent de percevoir assez précisément les insuffisances de notre compréhension des limites de l’enseignement, et de pénétrer le dédale des processus complexes qui conduisent son évolution, nous sommes loin de pouvoir en tirer des conclusions utilisables de façon concrète.
Alors il ne reste que le courage, la raison et la foi de ceux à qui s’adresse l’oeuvre d’André Antibi.
Et j’ai bien fait d’attendre car bientôt après son premier livre, André Antibi a prolongé ses propos en faisant lever des alternatives audacieuses, proposées et soutenues par une vigoureuse action collective d’enseignants, de parents et d’élus en faveur de « l’évaluation par contrat de confiance ». Ainsi André brave courageusement les rieurs et les sots. Il a raison. »

Xavier Buff, Membre du Conseil Supérieur des Programmes, Président de la section « Mathématique » du CNU

« Depuis 1998, j’enseigne à l’université Paul Sabatier à Toulouse. J’ai souvent trouvé absurde que nous donnions aux étudiants des sujets dont nous savions à l’avance qu’ils ne sauraient pas les faire.
J’ai donné une fois un sujet dont les questions avaient été traitées en cours ou en TD. Après l’examen, je me suis inquiété, craignant que celui-ci soit trop facile et que les étudiants aient de trop bons résultats. Les résultats furent légèrement meilleurs que d’habitude. Mais le souvenir qui me reste, c’est que les étudiants sont venus me voir en me disant :
« Si on avait su que ça porterait sur des exercices qu’on avait déjà vus, on aurait travaillé ».
Depuis qu’André ANTIBI m’a proposé d’expérimenter l’évaluation par contrat de confiance à l’université, je suis un fervent adepte.
Lorsque l’on annonce aux étudiants qu’ils seront interrogés sur des exercices déjà traités en cours ou en TD, les voilà soudain qui s’intéressent à la correction de ces exercices. Les élèves qui travaillent ne sont plus en échec. Ceux qui s’imaginent pouvoir mémoriser une liste de soixante corrigés sans avoir compris les démonstrations se trompent.
Et puis, ce type d’évaluation se pratique déjà au plus haut niveau
puisqu’à l’oral de l’agrégation de mathématiques, les étudiants connaissent à l’avance la liste des leçons qu’ils sont susceptibles d’avoir à présenter, et qu’ils travaillent tout au long de l’année.
Je ne vois pas comment je pourrais ne pas continuer à pratiquer l’évaluation par contrat de confiance. »

Jean Fabre, Inspecteur Général Honoraire

« Le combat que mène le Professeur André ANTIBI avec un indéniable succès et une rare constance est l’illustration parfaite de la difficulté qu’a le système éducatif à se réformer. C’est un problème de fond dû aussi bien à une culture qu’à la réticence de certains groupes de pression. Une culture qui consiste à se méfier de tout ce qui vient de la base et une recherche pédagogique fortement influencée par des groupes de pensée souvent éloignés du terrain. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si, depuis des lustres, dans notre système éducatif, ceux qui proposent des réformes ne sont pas ceux qui les appliquent et qu’il est de tradition de les mettre en place sans analyser en profondeur les réformes précédentes.
À partir d’un constat de dysfonctionnement du système d’évaluation, le Professeur ANTIBI dont les références universitaires et la compétence pédagogique sont incontestables a proposé une technique d’évaluation à partir d’un contrat entre l’enseignant et l’élève basé sur la confiance indispensable pour réussir. Ce principe dépasse même le cadre de l’enseignement et s’étend à toute activité humaine.
Je félicité André ANTIBI pour son engagement et sa remarquable constance et c’est avec force et fierté que je soutiens son combat. »

Recteur Philippe Joutard, Historien

« Tous les psychologues le disent : la confiance et l’estime de soi sont des facteurs décisifs de réussite.
Une part importante des résultats médiocres obtenus par notre système éducatif, en décalage avec les moyens mis en œuvre et la qualité des enseignants français, trouve sa source dans cette tendance forte à la dévalorisation du travail fourni. Le problème ne réside pas en effet dans les scores des meilleurs élèves, parfaitement au niveau des pays les plus performants, mais dans ceux des mauvais et des plus fragiles, ceux qui très tôt, ont subi de plein fouet ce jugement lapidaire et définitif.
Lutter contre la constante macabre et pour un système d’évaluation qui donne confiance aux élèves et aux étudiants, c’est améliorer l’ensemble des résultats et particulièrement ceux des plus fragiles et même des médiocres.
Le contrat de confiance, c’est une évaluation qui révèle les progrès accomplis et le travail fait, à l’inverse de celle qui s’acharne à relever les imperfections à partir d’un devoir idéal que personne n’a jamais réalisé.
D’après les nombreux témoignages dont on dispose, trois avantages essentiels de l’EPCC apparaissent nettement : meilleur travail des élèves, amélioration du climat de confiance et du bien-être dans la classe. »

Paul Malartre, Secrétaire Général de l’Enseignement Catholique de 1999 à 2007

« La lecture de « La constante macabre » nous a conduits à inviter André Antibi à intervenir auprès des chefs d’établissement, des enseignants et des parents.
Nous convergions alors, entre son propos et nos Assises, pour observer que la notation ne doit pas être source de découragement, de jugement définitif, mais au contraire un tremplin pour progresser. Nous nous rencontrions sur l’idée que seule la confiance encourage et peut contribuer à révéler les talents parfois cachés de l’élève. Cette confiance a-priori n’exclut pas l’exigence, mais cette dernière se trouve alors mieux comprise.
Nous avons par ailleurs apprécié l’ouverture d’esprit d’André Antibi dans son souci de porter témoignage, avec son humour et son talent de persuasion, dans l’enseignement catholique comme dans l’enseignement public.
L’enjeu pédagogique et éducatif de la notation dépasse en effet certains clivages inutiles quand il s’agit de permettre au système éducatif de notre pays de valoriser des jeunes en quête de réussite scolaire et humaine. »

Jacques Moisan, Ancien Doyen de l’Inspection Générale de Mathématiques

« Le diagnostic de l’existence de la « constante macabre » est maintenant largement partagé dans le système éducatif.
Le premier mérite d’André Antibi est d’avoir identifié et nommé cette anomalie de notre système. La constante macabre et ses effets pervers sont maintenant connus et reconnus de tous ceux qui oeuvrent dans le système éducatif.
À ce constat terrible de l’existence de la constante macabre et de ses effets pervers (démobilisation des élèves, inefficacité de la formation), la réponse coule de source : il faut l’éliminer. Dans ce but, plusieurs stratégies sont certes possibles, mais toutes devraient reposer sur deux principes :
• il faut évaluer positivement les acquis et non évaluer négativement les non acquis ,
• un élève qui a bien travaillé doit avoir un bon résultat d’évaluation.
Cela induit en particulier que l’évaluation doit être le plus possible conforme à la formation.
Le deuxième mérite d’André Antibi – et du mouvement contre la constante macabre (MCLCM) qu’il a créé et qu’il préside – est d’avoir mis au point une méthode pratique d’évaluation des élèves pour lutter contre la constante macabre : l’évaluation par contrat de confiance (EPCC).
Je soutiens l’action d’André Antibi depuis que je la connais.
Je soutiens aussi le travail et l’action des professeurs et inspecteurs militants qui ont mis en place et font vivre, sur le terrain, l’EPCC dans les écoles, les collèges et les lycées : ils ne comptent ni leur temps ni leur travail. »

Florence Robine, Rectrice de l’académie de Créteil, Directrice générale de la DGESCO depuis le 7 Mai 2014.

L’EPCC dans l’académie de Créteil : histoire d’un engagement
« Cette histoire commence en 2010, dans la circonscription de Pontault Combault, avec la tenue de la conférence du professeur Antibi sur la constante macabre, et ses propositions de mise en oeuvre de nouvelles modalités d’évaluation des élèves. De l’avis de tous, ce moment privilégié a suscité une réelle prise de conscience, mais les effets sont restés encore limités à ce stade, faute d’une articulation suffisante entre les évaluations pratiquées et les phases d’apprentissage.
Aussi l’année 2011-2012 est-elle marquée par la volonté d’expérimenter dans la circonscription un travail d’ampleur sur l’évaluation des élèves.
L’année scolaire 2012-2013 constitue un véritable tournant. La moitié des enseignants de la circonscription (soit 125 classes) sont formés, et mettent en oeuvre l’EPCC dans leurs classes.
Les points forts de l’EPCC
Ils sont globalement connus, et je les rappellerai donc succinctement : la mise en confiance des élèves, la valorisation de leur travail et de leurs efforts, sont réelles. On en connait l’importance, et les effets, par exemple en termes de prévention du décrochage scolaire. Nous avons ainsi noté une réelle progression des résultats de ces élèves, surtout pour ceux qualifiés de « moyens », mesurés à travers les évaluations nationales qu’ils ont suivi en CE1 puis en CM2 ; et surtout, une diminution significative du taux de non réponses, mal français bien connu, particulièrement mis en relief lors des évaluations internationales PISA, et qui dénote à l’évidence un retour de la confiance en soi des élèves.
J’insisterai aussi sur les bénéfices recueillis par les équipes d’enseignants, du fait d’un travail transdisciplinaire et collectif renouvelé sur la notion d’évaluation, placée en amont, au coeur de la programmation des séquences et de l’acte d’enseigner.
Mais je voudrais surtout mettre en exergue deux points qui me semblent essentiels, et peut être insuffisamment perçus jusqu’à présent :
Ces nouvelles modalités d’évaluation ont le grand mérite d’interroger directement les enseignants sur ce qu’ils attendent de leurs élèves, sur ce qu’ils souhaitent leur transmettre à l’issue d’une séquence pédagogique, sur ce que les élèves doivent maitriser. Cette explicitation bienvenue lutte contre l’un des freins les plus puissants à la démocratisation de notre système scolaire, la connivence intellectuelle souvent nécessaire pour gérer les implicites permanents de notre enseignement. Beaucoup d’enseignants ont pris alors conscience de ce qu’ils véhiculent, à leur insu, comme attentes non dites, comme éléments d’évaluation sous-jacents, qu’ils considéraient – à tort – comme allant de soi et donc naturellement partagés par leurs élèves.
L’autre bénéfice intéressant est celui d’une amélioration réelle de la qualité de la relation école parents. Une certaine confiance retrouvée, un contrat clair partagé avec les familles où chacun voit sa place clairement explicitée, et ses compétences reconnues, en sont sans doute la clé. »

Anne-Marie Romulus , Inspectrice Générale de Sciences Physiques

« J’ai connu André Antibi à l’université Paul Sabatier, alors qu’il élargissait son champ de réflexion sur l’enseignement des mathématiques au domaine des sciences de l’éducation.
Sa démarche qui ne laissait pas indifférent marquait les prémices d’une réflexion sur l’évolution des pratiques à l’Ecole, portant sur les questions de l’évaluation et de l’accompagnement des élèves. Je salue à cet égard le travail accompli par André Antibi, qui a su réveiller les consciences et poser des questions essentielles.
Mais c’est sans doute l’évaluation par contrat de confiance qui marque l’étape opérationnelle de sa démarche. En effet, elle constitue d’abord une méthode pédagogique à l’usage des professeurs en induisant un nouvel outil de suivi. Elle représente ensuite un guide et un repère pour les élèves, au gré de leurs apprentissages, et notamment elle induit une initiation à l’autonomie et à la responsabilisation des élèves. Renforçant les vertus de l’effort gradué, elle peut contribuer à rehausser la confiance des élèves à l’école, qui est le socle du succès scolaire pour tous. L’évaluation par contrat de confiance peut par conséquent représenter une alternative à l’évaluation traditionnelle. Nonobstant tout en s’adressant à tout public, il est certain que son acceptation et son impact peuvent être plus forts auprès des populations d’élèves fragiles, pour lesquelles il est urgent de proposer des solutions alternatives contribuant à limiter les sorties du système éducatif sans qualification et les échecs scolaires. »

Olivier Thual, Président du jury du concours commun polytechnique MP, Professeur à l’INP Toulouse

« J’ai découvert le concept d’ « Évaluation Par Contrat de Confiance » (EPCC) développé par André ANTIBI dans le cadre des Concours Communs Polytechniques (CCP) qui ouvrent les portes d’une trentaine d’écoles d’ingénieurs à des milliers d’élèves des Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles (CPGE).
Ce principe a été mis en place par André lorsqu’il était coordinateur des oraux de mathématiques du concours Maths-Physique (MP) dont j’ai pris la présidence à la rentrée 2012. La moitié du temps de cette épreuve orale est consacrée à la résolution d’un exercice choisi dans une banque publique de 120 exercices couvrant la totalité du programme de mathématiques.
En discutant avec les élèves, leurs professeurs ainsi que l’équipe des examinateurs, j’ai pu mesurer l’intérêt de ce dispositif relevant de l’EPCC : les élèves préparent efficacement l’épreuve, les professeurs sont encouragés à traiter l’ensemble du programme et les examinateurs disposent de références communes pour leur évaluation.
Ma rencontre avec André ANTIBI m’a permis d’enrichir ma pratique pédagogique sur plusieurs plans : en tant que président d’un concours de grandes écoles, en tant qu’enseignant en écoles d’ingénieurs (École Polytechnique et INP de Toulouse) et en tant que professeur des universités intéressé par l’évolution rapide des pratiques pédagogiques influencées par l’avènement du numérique.
Je suis convaincu de l’intérêt de l’ « Évaluation Par Contrat de Confiance » (EPCC) et je suis persuadé que cette approche aura sa place parmi les nombreuses innovations pédagogiques qui vont transformer le paysage de l’enseignement supérieur dans les prochaines décennies. »

Pierre Viala, Ancien Inspecteur d’Académie

« Je ne pense que du bien de l’EPCC. Ce système favorise l’expression des élèves, leur réussite. La notation ne doit pas être répressive, l’erreur est possible, et ne doit pas être castratrice.
Il y a une différence sensible entre l’évaluation par contrat de confiance et l’évaluation usuelle.
Il faut que les enseignants en soient conscients. La notation sanction est un outil qui ne favorise pas les apprentissages, au contraire ; l’élève perd la confiance en soi ; à ce moment là, il ne progresse pas .
Je souhaite que cette opération soit développée et introduite dans la formation des enseignants dans les ESPE.
Il faut montrer aux enseignants le bien-fondé de l’EPCC.
Il faut que les corps d’inspection en soient convaincus. »

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