Mot des co-présidentes
L’équité en éducation constitue une priorité structurante pour l’École de la République. Elle engage la capacité du système éducatif à garantir la réussite de tous les élèves et étudiants, quels que soient leur parcours, leur origine ou la voie de formation choisie.
Dans cette perspective, la question de l’évaluation revêt une dimension stratégique. Les travaux conduits depuis plusieurs décennies ont mis en évidence les effets systémiques de la constante macabre, qui contribue à fragiliser l’engagement des apprenants, à altérer durablement leur confiance dans les apprentissages et à entretenir des inégalités de réussite.
Le Mouvement contre la constante macabre (MCLCM), dans le prolongement des travaux de André Antibi
, s’inscrit dans cette réflexion de fond en proposant un cadre opérationnel de transformation des pratiques évaluatives, fondé sur l’évaluation par contrat de confiance (EPCC).
Aujourd’hui, les démarches inspirées de l’EPCC connaissent un déploiement significatif au sein des académies. Portées par des enseignants engagés et soutenues par des dynamiques collectives, elles participent à faire évoluer les pratiques pédagogiques vers des modalités plus explicites, plus sécurisantes et plus propices aux apprentissages.
Au-delà de la seule évaluation, ces démarches contribuent à une évolution plus globale des environnements d’apprentissage : développement de pratiques coopératives, mise en œuvre de projets porteurs de sens, diversification des modalités pédagogiques et prise en compte accrue des processus d’apprentissage.
Dans ce cadre, les expérimentations conduites en lien avec la Direction générale de l’enseignement scolaire ont permis d’objectiver les effets de ces approches et d’envisager les conditions de leur essaimage à plus grande échelle.
L’enjeu est désormais celui du passage à l’échelle et de l’inscription durable de ces évolutions dans les politiques éducatives. Il s’agit d’accompagner une transformation systémique de la culture de l’évaluation, en articulation étroite avec les priorités nationales en matière de réussite scolaire et de réduction des inégalités.
À ce titre, le MCLCM identifie pour 2026 plusieurs axes stratégiques :
- structurer des collectifs académiques en capacité de porter et d’accompagner ces évolutions au plus près des territoires ;
- capitaliser et diffuser les résultats probants issus des expérimentations et des pratiques de terrain ;
- renforcer l’articulation entre recherche, pilotage institutionnel et pratiques professionnelles, afin de sécuriser et d’amplifier la diffusion des innovations ;
- contribuer à l’élaboration de ressources transférables, au service des acteurs du système éducatif.
Dans cette perspective, l’évaluation doit pleinement jouer son rôle de levier au service des apprentissages. Elle doit reconnaître les progrès, soutenir l’engagement, développer les compétences métacognitives et permettre à chacun de se projeter dans la réussite.
Réduire les effets de la constante macabre, c’est agir concrètement pour une École plus juste, plus exigeante et plus inclusive.
C’est dans cette ambition collective que s’inscrit l’action du MCLCM.
Les co-présidentes

